
Je suis une multitude
Si prendre soin de soi, c’était honorer la vie en soi ?
Il y a une idée qui change radicalement la façon de se regarder dans le miroir.
Pas une idée pour se juger. Pas une idée pour se contrôler. Une idée-boussole qui redonne du sens à chaque souffle.
Et elle tient en une phrase : je ne suis pas “un seul être”. Je suis une multitude.
Tu es l'univers de 70 000 milliards d'êtres
Ton corps n’est pas seulement un “moi” avec un prénom, des projets et des émotions. C’est une civilisation miniature. Une galaxie biologique.
On estime qu’un adulte possède environ 30 000 milliards de cellules humaines. Si l'on ajoute les microbes et bactéries qui vivent en symbiose avec nous, on flirte avec 70 000 milliards d’êtres vivants qui composent ton monde intérieur.
Pour cette multitude, tu es leur univers tout entier. Tu es leur source de lumière, d'air et de nourriture. Sans le savoir, tu occupes pour eux la place d'une puissance créatrice, une sorte de gardien sacré.
Dit comme ça, ça change la donne : et si tu te comportais comme le souverain bienveillant de cet écosystème ?
Gardien, pas tyran
Posons ça tout de suite : cette vision n’a rien à voir avec la quête de la perfection.
Être le "gardien" de sa vie, ce n’est pas devenir un dictateur de l’hygiène. Ce n’est pas se culpabiliser dès qu’on stresse ou qu’on dort mal. Un tyran exige des résultats ; un gardien offre une présence.
Le corps n’a pas besoin d’un chef impeccable. Il a besoin d’une conscience qui revient à lui avec douceur :
- Observer ses besoins sans se juger.
- Ajuster sa trajectoire sans violence.
- Honorer l'effort de ces milliards de cellules qui travaillent pour nous, même quand nous dormons.
Le climat intérieur : surfer sur ses émotions
Quand le stress s’installe, ce n’est pas uniquement “dans la tête”. C’est un changement de météo interne qui impacte chaque cellule.
Le système nerveux influence tout : le sommeil, la digestion, l’immunité... Les pensées et les émotions sont les vagues, et ton corps est l’océan qui les reçoit.
Prendre soin de ses pensées, ce n'est pas s'obliger à "penser positif". C'est choisir de ne pas se traiter comme un ennemi. Car chaque fois que tu t'attaques, tu déclenches une tempête sous-marine. Et chaque fois que tu te respectes, tu apaises le climat de ton monde intérieur.
La foi, sans dogme : faire confiance au vivant
Il existe une forme de foi très simple, qui ne demande aucune étiquette. C’est l’intuition que la vie a un sens, même quand on ne le comprend pas.
Honorer la vie, c’est traiter son corps comme un véhicule précieux. Non pas par peur de la maladie, mais pour goûter pleinement l’expérience le plus longtemps possible. C’est une posture intérieure : "Je fais confiance à la vie, et je choisis de la respecter."
Sommes-nous les cellules d'un corps plus grand ?
Si l'on regarde notre corps, on voit un monde d’interactions magnifiques. Et si le monde dans lequel nous vivions fonctionnait de la même manière ?
Quand je suis né, nous étions environ 4 milliards d’humains. Aujourd'hui, nous approchons les 9 milliards. Cette croissance, ce foisonnement, ressemble à celui d'un organisme qui se déploie.
Peut-être sommes-nous, nous aussi, les cellules interconnectées d’un immense corps vivant ? Dans cette vision, notre rôle devient limpide : faire confiance à l'ensemble et honorer notre propre existence pour que le "tout" se porte mieux.
Je ne peux pas sauver la planète à moi tout seul, mais je peux honorer la vie là où j'ai de la prise : dans mon corps, mes choix et mes relations.
Une boussole pour les jours de tempête
On n’a pas besoin de calmer l’océan pour être en paix. On apprend à surfer.
Cette vision “je suis une multitude” devient une boussole très simple pour les moments difficiles. Quand tu es dur avec toi-même, rappelle-toi que tu crées un orage pour tes 70 000 milliards d'habitants.
Parfois, "revenir à soi" et redevenir un bon gardien, ça veut juste dire :
- Boire un verre d’eau avec gratitude.
- Respirer en conscience pendant 60 secondes.
- Sortir marcher pour offrir du mouvement à tes cellules.
- Se dire : "Là, c'est trop pour moi, j'ai le droit de ralentir."
Conclusion
Tu n’es pas une machine à optimiser. Tu es une expérience de vie sacrée dans un corps vibrant.
Prendre soin de soi, ce n'est pas de l'égoïsme. C'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à la multitude qui t'habite, et par extension, au monde qui t'entoure.
Apprends à être le gardien bienveillant de la vie qui vibre en toi. Elle te le rendra au centuple.
